Une église particulière : un édifice culturel remarquable

octobre 21st, 2016 § Commentaires fermés sur Une église particulière : un édifice culturel remarquable § permalink

Dans le cadre des 10 ans d’Arts et cloitre et des 410 ans de la pose de la première pierre,par Grégory OSWALD, conservateur du Musée de la Chartreuse, a donné samedi 15 octobre au caveau de la chartreuse, une conférence sur le thème « L’église de la Chartreuse de Molsheim : un édifice disparu du XVIIe siècle ». Elle a permis de resituer et comprendre l’importance et l’originalité de cet édifice au sein de la chartreuse.

 

Les travaux de l’église commencèrent en 1606. Le 2 septembre, l’évêque suffragant Adam Peetz bénit les fondations et posa la première pierre, sous le maître-autel. Au cœur de la vie spirituelle des Chartreux, l’église conventuelle occupait symboliquement le centre du cloître et communiquait directement avec lui, ainsi qu’avec la maison du prieur.  Elle se distinguait par ses proportions (38 m de long sur 12 m de large), mais construite selon un plan très simple, elle comprenait une nef unique qui débouchait directement sur le « chœur des pères », de même largeur, terminé par une abside à cinq pans.

chartreuse-de-molsheim-statue-de-saint-bruno_modifie-1_arts_et_cloitre2Édifiée de 1606 à 1610 par l’architecte Ulrich Tretsch, bourgeois de Rosheim, l’église de la Chartreuse ne fut consacrée qu’en 1614. Ornée de nombreux tableaux, elle connut à la fin du XVIIe siècle, une importante campagne de décoration, marquée par la rénovation du chœur des pères et la mise en place de boiseries. Un siècle plus tard, en 1769-1770, le sculpteur Mathias Faller réalisa plusieurs autels pour le couvent de Molsheim, dont certains sont encore visibles actuellement (autels à Bernardvillé et à Obernai). Malheureusement, gravement endommagée par un incendie le 23 novembre 1791, cette église a servi de carrière municipale, pour définitivement disparaître en 1797.

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Aujourd’hui, plusieurs dessins et gravures des XVIIe et XVIIIe siècles nous permettent d’esquisser les grandes lignes de cet édifice culturel remarquable. Bien plus, de nombreux vestiges architecturaux découverts récemment (lors des différentes campagnes de la restauration du cloître) offrent un nouveau regard sur l’architecture de l’église. Enfin, son mobilier intérieur et son évolution peuvent être esquissés à travers les statues et boiseries qui ont été épargnés par les disparitions et les incendies de l’époque révolutionnaire.

 

P.S. deux images : l’une représentant la chartreuse de Molsheim en 1744, l’autre est une statue de St Bruno provenant du Maître -autel de la  chartreuse de Molsheim, exceptionnellement présente durant l’exposition au Musée de la chartreuse jusqu’au 16 octobre.

Ecoutez en exclusivité l’interview de Gregory Oswald sur RCF:

Une Création récréative et méditative

octobre 20th, 2016 § Commentaires fermés sur Une Création récréative et méditative § permalink

Comme un point d’orgue dimanche après les nombreuses festivités des dix ans d’Arts et cloître, une remarquable création musicale a été donnée dans le cloître par le compositeur Maurice Lanoix, huit chanteurs, quatre instrumentistes et trois lecteurs. Conçue comme une série de miniatures, elle a donné à méditer sur la spiritualité des chartreux mais a aussi réjoui le public venu nombreux par la variété, l’humour et la créativité de l’ensemble.

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A l’origine lorsque la demande d’une création musicale lui fut adressée fin 2015, Maurice Lanoix n’avait aucune idée de ce qu’il allait composer. Puis très vite, l’idée fut d’illustrer musicalement des textes de son choix parmi ceux choisi par le comité, présidé par Laurence Levard. « Compte-tenu de leur nombre, il n’était pas question de développer longuement chaque thème composé. Aussi, l’idée d’œuvres très courtes a surgi comme autant de petits tableaux    d’une exposition. »

La musique fut prête en novembre. Il fallait réunir les musiciens : Jean Schweblin au violon, Véronique Dietrich au violoncelle, Michèle Leichtnam à la flûte traversière et André Ledig à la clarinette. Puis trouver les chanteurs. Marie-Hélène Lorentz et Sabine Stouvenel comme soprano ; Cathy Gilmann et Nathalie Kowes-Gast comme alto, Frédéric Karcher et Maurice Lanoix comme ténor, Dominique Bergeret et Jean-Pierre Coué comme basse. Puis trois lecteurs furent nécessaires : Jacqueline Engel, François de la Vareille et Suzanne de Damas.

Une ambiance restituée par les textes, la musique et les choeurs

Chaque miniature traduit une ambiance restituée à la fois par les textes, la musique et les chœurs changeant au fil des siècles, plus stricte au temps de Saint-Bruno, plus harmonieuse ensuite.

A partir de thèmes différents : la Création, Saint-Bruno, le désert, la rencontre, les jardins, la clochette, le silence, Marie, les béatitudes et les louanges, elles empruntent à plusieurs époques mais restent toujours accessibles et récréatives. Un canon de deux voix de femmes soutenue par la clarinette matérialise l’eau vive.

Dans les jardins, bourdonnent les insectes et s’égosille un merle, traduits notamment par la flûte et quelques instruments à cordes. La clochette en tintant permet d’unir la vie d’ermite et la vie communautaire en faisant cesser aussitôt son activité au moine pour passer à la suivante selon la règle des chartreux. Elle est rendue avec beaucoup d ‘humour par le son d’une véritable petite cloche et se fait proche de l’auditoire. Elle impulse le rythme au quatuor instrumental. Dans les béatitudes culminent toutes les voix qui donnent leur pleine mesure ainsi que dans les louanges finales.

Enfin, un dernier cadeau est fait à l’assemblée avec un Ave Maria créé tout exprès pour trois voix de femmes, violon et violoncelle. Une création remarquable, et un concert sous le signe de la générosité. L’association Arts et cloître a ensuite partagé avec tous un verre de l’amitié autour d’un gâteau d’anniversaire pour fêter ces 400 + 10 ans, en présence du député -maire Laurent Furst.

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 20/10/2016

**La photo est publiée avec l’aimable autorisation de Gérard ANDLAUER que nous remercions**

Saint Bruno vu par les chartreux

octobre 19th, 2016 § Commentaires fermés sur Saint Bruno vu par les chartreux § permalink

Nathalie Nabert a donné une conférence très éclairante sur la figure de Saint Bruno dans la tradition des chartreux pour les dix ans d’Arts et cloître et les 410 ans de la pose de la première pierre de l’église de la Chartreuse.

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Si nous connaissons peu de chose sur Saint Bruno, qu’en disent les sources historiques, littéraires et spirituelles ? D’abord, que « lorsqu’il se retire du monde, cela n’a rien à voir avec un projet de fondation d’un ordre de sa part. Il est la marque d’un appel intime à la solitude et à la paix. Bruno, après son retour d’exil et la déposition de Manassès par le pape, ne souhaita pas reprendre sa chaire à l’école cathédrale, ni son titre d’écolâtre, ni sa charge de chancelier et encore moins remplacer l’archevêque déposé », précise Nathalie Nabert (*).

Il a besoin de se mettre à l’écart du monde à plus de 52 ans, à une époque où l’on est déjà considéré comme vieux. Ensuite, il se rend près de Troyes, à Sèche-Fontaine avec deux compagnons, Pierre et Lambert. Ils mènent tous les trois une vie d’ermite avec l’accord de l’abbé de Molesmes. Ils sont nombreux à y affluer et le rattachement au monastère et à la vie communautaire s’impose. Ce qui fait fuir Bruno avec six compagnons, vers 1083, désireux de poursuivre une véritable vie d’ermite.

Solitude et silence dans la Chartreuse

La direction de Grenoble est prise car le saint évêque Hugues est un ancien élève de Bruno et il leur attribue une terre désertique dans le massif de Chartreuse. La charte de donation des terres est ratifiée le 9 décembre 1086. « À la manière des anciens moines d’Égypte, ils habitent constamment des cellules isolées où ils ne cessent de s’adonner au silence, à la lecture, à l’oraison et au travail manuel, surtout à la copie des livres. » « Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de divine jouissance à ceux qui les aiment, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience, » écrit Bruno à Raoul le Verd.

Ensuite, les seuls témoignages autobiographiques sur Bruno datent de 1096-1101 et donnent une piste de réflexion sur les modèles qui l’ont inspiré. Ces lettres sont rédigées depuis la Calabre où Bruno s’est retiré dans un ermitage après avoir servi quelques mois à Rome auprès du pape. Il s’agit de la lettre à Raoul le Verd inspirée de celle d’Héliodore du 4e siècle. Et de la lettre donnée à Landuin (1099-1100), prieur de la première communauté de Chartreuse pour exhorter au maintien de l’observance. La première s’inspire de saint Jean Chrysostome pour la description de la beauté de la nature, du deuxième livre des Dialogues de Saint Grégoire et surtout des conférences de Jean Cassien d’où il tire l’image de « l’arc tendu » pour désigner la vie spirituelle du solitaire. « Il résulte des analyses des lettres de Saint Bruno une quasi-ignorance sur les choix explicites de ses modèles de vie érémitique, sinon par assimilation des sources scripturaires et patristiques où semblent dominer les références aux figures contemplatives de l’Ancien et du Nouveau Testament comme Rachel, épouse de Jacob et Marie de Béthanie, sœur de Marthe, » indique la conférencière. Toutefois, Saint Bruno a eu connaissance du monachisme égyptien par l’intermédiaire de Cassien. Elle ajoute : « On peut estimer que c’est le regard extérieur des premiers témoins porté sur l’œuvre de saint Bruno d’une part, et d’autre part le travail de législation de Guigues 1er qui ont assumé la transmission de modèles de la vie érémitique des chartreux. »

Maître dans l’art de commenter les psaumes

Les titres funèbres et les éloges postérieurs laissent apparaître les mentions simultanées de Bruno passé maître dans l’art de commenter les psaumes et les Écritures et de Bruno, fondateur historique de l’ordre des Chartreux. Curieusement Bruno n’a pas été tout de suite après sa mort érigé en figure de saint malgré l’éloge des titres funèbres tandis que c’est le cas d’Hugues, évêque de Grenoble, encensé par les sources contemporaines. « Guigues 1er, cinquième prieur de Chartreuse est celui qui a donné les Coutumes et en quelque sorte la Règle aux chartreux. Bruno n’apparaît que tardivement. » En effet, la Mémoire de l’Ordre et l’hagiographie populaire édifient une légende autour de Saint Bruno, mort en 1101, dès 1298 pour culminer au 16e siècle, somme toute très tardivement.

(*) Doyen honoraire de la Faculté des lettres de l’Institut catholique de Paris et directrice du CRESC (Centre de Recherches et d’études de spiritualité cartusienne).

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 27/10/2016.

 

Arts et Cloître : l’exposition se poursuit jusqu’à dimanche à la chartreuse

octobre 14th, 2016 § Commentaires fermés sur Arts et Cloître : l’exposition se poursuit jusqu’à dimanche à la chartreuse § permalink

L’exposition autour du thème « rencontres, silence et contemplation », se poursuit au Musée de la chartreuse de Molsheim jusqu’au 16 octobre. Elle réunit des œuvres très différentes par leurs approches et leurs supports de Rolf Ball, Pascal Meier et Bruno Rotival.

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Rolf Ball travaille depuis plus de vingt ans l’icône. Il avait alors exposé à la chartreuse. Son œuvre a beaucoup évolué entre-temps et s’inspire de cultures multiples. « A l’âge de 40 ans, Rolf s’embarque dans un cursus d’ethnologie à l’Université de Strasbourg, se spécialise dans les arts traditionnels d’Afrique et dans les expressions pariétales. Il écrit un mémoire sur l’art des Icônes byzantines, restaure en même temps des œuvres anciennes et avoue sa fascination pour les canons esthétiques rigoureux et les codes très stricts qui régissent l’art des icônes, » indique JF Ott. Ses œuvres portent à la rencontre avec l’autre et témoignent d’une joie et d’un émerveillement remarquables à travers un jeu de couleurs très vives qui restituent selon les couleurs une certaine perspective alors que l’icône traditionnelle pratique une perspective inversée.

Pascal Meier peint des enluminures avec une précision extraordinaire. A l’origine de son travail, il découvre en 1993 un livre d’Henri Stierlin, intitulé : « le livre de feu, l’Apocalypse et l’art mozarabe » qui le subjugue littéralement. Il est alors étudiant à l’école cantonale d’art de Lausanne. A cette époque, il était attiré par les arts hindous, bouddhiste, musulman et chrétien et l’art contemporain ne l’intéressait pas vraiment. En d’autres termes, il a une sorte de révélation en regardant les images du livre cité ci-dessus ; ironie du sort, il s’agissait de miniatures sur l’Apocalypse de St Jean. « Leur style quasi calligraphique et la franchise du trait ainsi que l’usage de couleurs saturées à l’extrême m’ont interpellé bien plus que le sujet traité pour lequel j’avais quelques réserves. Mais en mettant en parallèle les images de bien des Beatus mozarabes et le dernier texte de la Bible, je me suis aperçu qu’il y avait bien plus à dire que ce qu’on avait retenu de l’Apocalypse jusqu’à maintenant », précise-t-il. Son travail a commencé à partir d’une image du Hortus deliciarum, ouvrage du XIIe siècle, conservé quelque temps à la chartreuse de Molsheim. Bruno Rotival, nous donne à voir la vie des frères et pères chartreux dans leur monastère, ce que l’on ne voit pratiquement jamais puisque les pères vivent en silence et seuls dans leur cellule. Vingt-deux monastères de chartreux existent aujourd’hui dans le monde et vivent toujours selon la même règle. A chaque fois, il est précédé d’un moine qui lui ouvre la porte. Avec beaucoup de sensibilité, de discrétion, de pudeur et un vrai sens esthétique, il nous ouvre une petite lucarne sur le quotidien de leur vie, eux qui ont tout donné à Dieu. A découvrir avant la fermeture !

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 14/10/2016.

Vernissage de l’exposition Pascal Meier, Bruno Rotival, Rolf Ball au musée de la Chartreuse de Molsheim le jeudi 6 octobre 2016 à 18h30

octobre 6th, 2016 § Commentaires fermés sur Vernissage de l’exposition Pascal Meier, Bruno Rotival, Rolf Ball au musée de la Chartreuse de Molsheim le jeudi 6 octobre 2016 à 18h30 § permalink

Jeudi soir, jour de la St Bruno, le vernissage de l’exposition « Rencontres, silence et contemplation » s’est déroulé dans le prieuré de la Chartreuse.

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Cette exposition, réalisée à l’occasion des 10 ans de l’association     « Arts et cloître », a permis d’admirer les icônes de Rolf Ball, les enluminures de Pascal Meier et les photos de Bruno Rotival.

En introduction, le conservateur, Grégory Osswald, a remercié les artistes pour leur participation et Arts et cloître pour cette manifestation. Bruno Rotival, photographe depuis 40 ans, pose le regard de son objectif sur l’ombre et la lumière de la vie monastique. Rolf Ball propose ses icônes chatoyantes qu’il estime être « la fusion profonde du religieux et de l’esthétique propre aux chrétiens d’Orient ». Enfin Pascal Meier (absent) a présenté ses délicates miniatures, éclatantes et riches de couleurs dans leur minutie. Laurence Levard, présidente d’Arts et Cloître, a rappelé « ces rencontres artistiques et culturelles dispensées depuis dix ans ici ». Une création musicale de Maurice Lanoix en sera le point d’orgue dimanche à 16 h 30 dans le cloître. Elle rappelle aussi la fête de St Bruno, dont une conférence dévoilera qui il était dans une conférence au caveau samedi 08 octobre à 15 h. Elle remercie le maire d’Obernai pour le prêt exceptionnel de la statue de St Bruno.

Le député -maire Laurent Furst, venu avec la conseillère départementale et adjointe, Chantal Jeanpert, a conclu ce vernissage par cette formule : « que celles et ceux qui œuvrent soient fiers du travail fait ».

L’exposition est visible jusqu’au 16 octobre.

Article paru dans les D.N.A. du 08/10/2016

L’interview de Bruno Rotival réalisée à l’occasion du vernissage est  à écouter en suivant le lien suivant:

Les photos du vernissage et de l’exposition sont en ligne en suivant le lien

https://www.flickr.com/gp/alsace-media/e97o0R

 

Célébrer 400 + 10 ans !

septembre 16th, 2016 § Commentaires fermés sur Célébrer 400 + 10 ans ! § permalink

logo_40010Le 2 septembre 1606, la première pierre de l’église de la chartreuse de Molsheim était posée. Quatre cent ans  après,  nous avons constitué l’association Arts et cloître, le 5 septembre 2006. En 2016, nous fêtons les 10 ans d’existence de notre association, d’où notre sigle 400 + 10 = 410 ans.

La première conférence eut lieu le 7 octobre 2006. Depuis, nous  en avons organisé plus de 70, faisant venir nos intervenants de Strasbourg, Paris, Lyon, Lille, Aix en Provence, Rodez, …et même Londres. Il y eut aussi des ateliers (enluminure, modelage, calligraphie, ikebana) des lectures-concerts, des expositions, une visite poétique et musicale, un conte écrit tout spécialement pour la chartreuse…

Au cycle habituel des 7 conférences viendra s’ajouter une programmation exceptionnelle  plus particulièrement durant le week-end des 8/9 octobre( exposition, 2 conférences et une création musicale ). Venez-vous réjouir avec nous de toutes ces rencontres et fêter les dix ans de notre association à travers une palette variée de onze évènements différents à découvrir  d’octobre 2016 à mai 2017, rassemblés  sous le thème de « rencontres, silence et contemplation » !

Vous pouvez découvrir le programme en détails en cliquant sur l’image ci-dessous:

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N.B.: Les réservations pour ces différents évènements sont toujours conseillées. Elles ne se feront plus au près de l’Office du Tourisme de Molsheim mais en appelant Andrée KIRCH au  03 88 47 24 85.

Célébrer 400 + 10 avec St Bruno

septembre 16th, 2016 § Commentaires fermés sur Célébrer 400 + 10 avec St Bruno § permalink

st-bruno-a-la-chartreuse_2_arts-et-cloitreEn exergue du programme de cette saison exceptionnelle et de l’anniversaire « 400 + 10, un autre événement est la venue dans le cadre de l’exposition à la chartreuse de Molsheim de la statue classée de saint Bruno du XVIIe -XVIIIe siècle provenant de la salle des Saints-Patrons d’Obernai. Elle ornait le maître-autel de l’église de la chartreuse avec les trois autres statues de la salle des Sts-Patrons, rachetés par Obernai en 1793 et a fait l’objet d’un prêt exceptionnel. Statue de près de 200 kg, elle est sculptée dans du bois de tilleul, mesure 2,20 m sur 1,35 m de large selon le relevé du service de l’Inventaire. Ce saint Bruno a fait l’objet de toutes les attentions de la part de l’entreprise Keller pour la mener à bon port le temps de l’exposition.

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Arts et Cloître fête ses 10 ans: un mois d’octobre, mois 410, exceptionnel!

septembre 16th, 2016 § Commentaires fermés sur Arts et Cloître fête ses 10 ans: un mois d’octobre, mois 410, exceptionnel! § permalink

carton-invitation-mois-410Ecoutez en exclusivité l’interview de Laurence LEVARD, présidente d’Arts et Cloître:

Deux virtuoses pour un moment magique

mai 10th, 2016 § Commentaires fermés sur Deux virtuoses pour un moment magique § permalink

Théophile Choquet, comédien et Leyli Karryeva, violoniste ont proposé pour la clôture de la 10e saison d’Arts et Cloître une lecture-concert le Cantique des Cantiques, chant d’amour toujours d’actualité malgré ses plus de 2000 ans d’âge.

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Au départ, ce fut une commande pour l’église protestante de Sarre-Union en décembre 2014 qui les laissa d’abord un peu perplexes puis fit le bonheur de nombreux spectateurs dans plusieurs églises et lieux sacrés de l’Est de la France. Le spectacle est construit de façon très progressive, d’abord le violon puis l’interprétation intégrale du texte.

Ils le donnent à voir, à écouter et à sentir avec une certaine pudeur

Ensuite, violon et voix se mêlent, se tissent et s’entremêlent au fur et à mesure de l’avancée du poème. Théophile Choquet et Leyli Karryeva restituent toute la richesse de ce poème à travers de nombreuses images sans privilégier une interprétation plutôt qu’une autre. Ils le donnent à voir, à écouter et à sentir avec une certaine pudeur en veillant à laisser le mystère de ce texte accessible à tous. Et la magie opère. Drapée dans une robe fourreau bleu et noir, Leyli Karryeva, longiligne, joue avec une dextérité, une fluidité et un talent remarquables. Elle fait corps avec son instrument, son visage très mobile reflète toute l’émotion de l’instant. Le programme de violon solo, très exigeant touche principalement au registre romantique : la danse des ombres d’Ysaye, la méditation de Thaïs de Massenet, une vocalise de Rachmaninov, une sonate pour violon seul de Prokofiev et enfin plusieurs morceaux de Bach… La plainte et la gaieté du violon rencontrent celle du texte. Théophile Choquet fait entendre ce poème de façon très naturelle mais non sans énergie, force, passion et enthousiasme. « Que tu es belle ma bien-aimée, tes yeux sont des colombes… que tu es belle ma fiancée, le miel est sous ta langue, elle est un jardin bien clos, une source scellée… tes deux seins sont les jumeaux d’une gazelle… » Il se déplace sur la scène malgré l’exiguïté du caveau de la chartreuse comparée à certaines églises plus vastes où ils se sont déjà produits. Puis tend la main en invitant la bien -aimée à se lever. Il prend beaucoup de plaisir à dire ce texte non sans malice et humour. Sa diction est excellente. Les références à la nature, aux fruits et au jardin enveloppent le spectateur et le transportent dans cet ailleurs oriental et ce pays de l’amour conduit par l’imaginaire. Ils terminent leur concert dans l’allée centrale avec une apostrophe invitant à célébrer la vie : « mangez, buvez, enivrez-vous mes bien-aimés », renvoyée par la musique du violon de Leyli. L’auditoire est sous le charme et retient son souffle. Certains ont les yeux fermés, d’autres pleurent d’émotion, tous ont eu envie de relire ce texte magnifique venu du fond des âges. Une remarquable performance.

L.L

Article paru dans les D.N.A. du 09/06/2016

À l’origine du cubisme

avril 15th, 2016 § Commentaires fermés sur À l’origine du cubisme § permalink

Invitée des conférences Arts et cloître, Martine Sautory, historienne de l’art et collaboratrice du journal La Vie a brossé dans une conférence la naissance du cubisme à travers la relation d’amitié qu’ont entretenu Georges Braque et Pablo Picasso.

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« Si le cubisme fut l’aventure la plus fructueuse de l’art moderne, c’est aussi la plus difficile à expliquer. En effet, on ne reconnaît pas toujours le sujet, les teintes sont souvent ocres ou ternes, et pour certains, c’est un trou noir, car ils ne savent comment interpréter ces oeuvres », introduit Martine Sautory.

Très différents par leur parcours et leur caractère

Or, il faut bien savoir que Braque et Picasso n’ont pas donné d’indications par rapport à leurs démarches respectives, ils ont laissé l’histoire de l’art s’en arranger avec toutes ses inexactitudes. Ainsi, le père Couturier a interrogé Braque et celui-ci lui a répondu : « Nous n’avons jamais fait de cubisme. » Et Picasso a surenchéri : « Personne ne nous a tracé de programme d’action. »

Braque et Picasso ont sept mois d’écart, mais sont très différents par leur parcours et leur caractère. Braque est à Argenteuil en pleine période impressionniste. Son père est entrepreneur en bâtiment, celui de Picasso est professeur de dessin. Picasso, Génois et Andalou par sa mère, est frappé par la mort de sa soeur Conchita. Il va se réfugier dans l’art, aux Beaux-Arts dès 15 ans, puis à l’académie Royale San Fernando. À 18 ans, Braque fait son apprentissage de peintre décorateur car il a compris qu’il ne pourra faire les Beaux-Arts. Picasso peint beaucoup plus vite que Braque qui est plus réfléchi et appliqué ; Braque veut rompre avec l’Impressionnisme et trouver un autre chemin. Tous les deux sont très influencés par Cézanne.

Braque présente ses tableaux au salon des Indépendants. Matisse est le premier à parler de cubes pour la peinture de Braque. Eric Satie est le seul à avoir raisonné sur le cubisme. Max Jacob parle de Picasso, rencontré chez Vollard comme « d’un mince et pâle jeune homme qui intriguait par l’étrangeté de son regard ». Braque découvre les demoiselles d’Avignon de Picasso au Bateau-Lavoir en 1907, scène de maison close et il en dit ceci : « C’est comme si tu voulais nous faire manger de l’étoupe ou boire du pétrole. » Beaucoup de visiteurs sont choqués par cette peinture.

Pourtant, les deux artistes sont comme une cordée et échangent beaucoup sur leurs travaux et leurs découvertes. « Ils rivalisent aussi avec beaucoup d’humour. À tel point que leurs oeuvres se ressemblent tellement qu’ils n’apposent plus leurs signatures, sinon au dos et quelquefois après coup, indique la conférencière. Tous deux collectionnent les oeuvres africaines : « Picasso a un grand talent de portraitiste, il essaie de montrer un même visage sous plusieurs angles. » Ils cherchent à représenter le visible au-delà de la quête picturale.

Braque va utiliser ses techniques artisanales (pochoir, etc.) et va initier Picasso qui sera plus talentueux et plus facétieux que Braque. Ils recherchent une nouvelle dimension spatiale en y introduisant quelques objets identifiables, comme un morceau de toile cirée par Picasso ou un papier collé par Braque (compotier et verre, 1912, fusain papier, faux bois).

Braque en recherche de sa propre conception plastique, semble également mu par sa quête intérieure. « Il a pour évidence de toujours placer le sujet au centre, de composer sa toile autour de celui-ci. Picasso au contraire diffuse et fait rayonner à partir du foyer. »

La guerre interrompt ce duo. Braque part au front, beaucoup d’incompréhensions naissent entre les deux artistes qui s’éloignent désormais. « Picasso fait le décor d’un rideau de scène sur le thème de la parade en 1917, Braque va consacrer quinze ans de sa vie au thème de l’oiseau. Picasso est sensible au dessin, Braque à l’espace et au coloris. » Ce dernier est aussi marqué par la réflexion de Bergson sur le temps et la vie intérieure où se place l’intuition qui remplace l’inspiration artistique.

« L’émotion est le germe, l’oeuvre est l’éclosion. » « Repartant de la toile blanche, Braque établit un certain parallèle avec les textes de la Genèse, une certaine gradation dans le processus de création. » Comme dans la Genèse, la lumière est au centre, l’artiste s’apparente au processus du Créateur en séparant pour mieux créer.

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 05/06/2016