D’une chartreuse à l’autre

janvier 22nd, 2012 Commentaires fermés

La cinquième conférence d’Arts et cloître aura lieu samedi 4 février 2012 de 16h30 à 18h au caveau de la chartreuse. Elle s’intitulera : « Cultiver la lumière et ouvrir l’espace du pardon : le reniement de Saint Pierre d’un élève du Caravage ».

Colette Nys-Mazure, nouvelliste, essayiste et poète de renom, écrit volontiers en correspondance avec des peintres, des musiciens. Elle a reçu le prix de poésie Max-Pol Fouchet en 1996 pour le For intérieur(Le dé bleu) Une révélation : c’est ainsi qu’elle reçut le reniement de St Pierre, œuvre d’un émule du Caravage, le Pensionnaire de Saraceni, conservé au musée de la chartreuse de Douai. Installé depuis 1968 dans l’ancien couvent des chartreux, le musée de Douai conserve une remarquable collection de peintures italiennes des XVI éme et XVIIème siècles et un ensemble prestigieux de tableaux flamands et hollandais. La peinture française y est également mise à l’honneur. Colette Nys-Mazure s’immisce dans cette scène centrale des Evangiles « fascinée par ce dialogue à deux visages et quatre mains ».Elle reconnait dans l’effroi de Saint Pierre qui a menti, qui a honte et a déçu, ses propres démons, remords qui marquent l’existence et ne cicatrisent jamais. Pourtant le pardon est au bout de ces mains qui implorent : Colette Nys –Mazure y voit le symbole rassurant d’où jaillira notre propre croissance spirituelle. Elle dédicacera ses ouvrages à l’issue de la conférence, dans l’ancienne chartreuse de Molsheim.

Entrée libre en fonction des places disponibles, plateau.

Réservation conseillée à l’O.T. de Molsheim au 08 88 38 11 61.

Dieu et le mystère de la Trinité dans l’art occidental

janvier 10th, 2012 Commentaires fermés

François Boespflug,dominicain, historien de l’art et professeur de théologie catholique à la faculté de Strasbourg a donné une conférence  suivie d’une séance de dédicaces le 21 janvier 2012 à la chartreuse de Molsheim.

Dans sa conférence panoramique,  accompagnée de la projection d’une cinquantaine d’œuvres datant du ive siècle au xxe siècle et provenant aussi bien d’Europe que d’autres continents rejoints par l’annonce de l’évangile, François Bœspflug a tenté de raconter comment, après deux siècles d’abstinence, le christianisme a laissé naître, puis se développer, puis a progressivement justifié, de manière théologique parfois solide et parfois plus précaire, l’existence d’images du Dieu fait homme puis de la Trinité. Il a présenté les étapes décisives de cette très riche histoire iconique de Dieu ainsi que les principaux types iconographiques de la Trinité ayant joui d’une postérité durable. Au delà du récit de cette formidable aventure et de l’épilogue problématique que l’art du xxe siècle lui a infligé, il a surtout eu à cœur de poser la double question de l’avenir de l’art d’inspiration chrétienne et de l’opportunité, dans nos sociétés sécularisées et multi-religieuses, de la recherche de nouveaux modes de figuration du mystère de Dieu tel qu’il est confessé et célébré par les chrétiens.

La beauté intérieure du Greco

janvier 10th, 2012 Commentaires fermés

Belle performance d’Emmanuel Rondeau qui, par son érudition passionnée et sa simplicité, a su faire redécouvrir l’intériorité et la grande modernité du Greco, lors de la troisième conférence du cycle organisé par Arts et cloître.

Venu de Londres, ancien élève de l’Institut des Arts Sacrés de Paris, Emmanuel Rondeau introduit sa conférence par un extrait d’une lettre d’Armel Guerne (traducteur de Shakespeare) à Dom Claude, moine de la pierre qui vire. « Un poème ne commence à exister que lorsqu’il rentre dans la chaleur d’un cœur et sourdement habite son silence. »

De la même façon, ajoute le conférencier, « les grands peintres vivent par notre regard et Greco en est la démonstration.Il fut longtemps ignoré en Espagne comme ailleurs; les tableaux du peintre au musée du Prado comportaient sur leur cartel un simple numéro d’inventaire.

En 1898, Miguel de Unamuno, dans L’Essence de l’Espagne, n’en fait aucune mention. Quant à Théophile Gautier qui l’a redécouvert, son voyage en Espagne recense deux œuvres du Greco : La Sainte Famille et Le Baptême du Christ où il qualifie l’art du peintre de « doté de peu de raison, de puissance maladive ».

La première exposition eut lieu en 1903 au Prado. Et pourtant ce peintre connut beaucoup de succès à la fin de sa vie de 1576 à 1614 et fut à Tolède le champion d’une peinture monumentale dès son arrivée. Mais qu’avait-il fait auparavant ?

Il voulait repeindre la chapelle Sixtine !

Né en Crète, il peint à la manière byzantine et y reste jusqu’à l’âge de 26 ans puis il vient se former en Italie à Venise auprès des plus grands : Titien, Tintoret, Bassano. En 1570 il est à la cour du cardinal Farnèse à Rome d’où il part en Espagne six ans plus tard. L’une de ses premières œuvres à Tolède est L’Arrestation du Christ au Jardin des oliviers peint de 1577 à 79.

« L’organisation y est puissante et encore très inspirée par l’Italie. Curieusement, le Greco s’inspire de la musculature de certaines œuvres de Michel Ange qu’il n’apprécie pas du tout puisqu’il voudra repeindre la chapelle Sixtine !

De 1586 à 1588 il peint au couvent de Santo Tomé un grand tableau d’autel avec la légende du comte d’Orgaz. Enfin Greco a énormément traité le thème de saint François, à telle enseigne que la seule gravure éditée du vivant du Greco était une gravure du saint ».

Emmanuel Rondeau souligne l’importance du franciscanisme dans le mouvement de la Contre-Réforme, notamment dans la péninsule ibérique, et le rôle moteur qu’il a joué dans le renouveau de la piété populaire avec la vénération de la crèche et le retour à la foi et à une charité plus authentique.

Si saint François fut l’initiateur et l’inventeur de la crèche, Greco saisit à merveille l’esprit de dépouillement du saint ou de certaines nativités ou adoration des bergers. « Gréco traduit l’élan vers le spirituel par l’étirement des silhouettes pour nous mener au cœur de la beauté intérieure. L’influence qu’il a eue sur la peinture moderne (Demoiselles d’Avignon de Picasso) est considérable ; le modernisme de sa touche et la qualité de sa facture nous laissent muets d’admiration ».

L.L.

Article paru dans les DNA du 18 déccembre 2011.

Dans l’univers de Chagall

janvier 10th, 2012 Commentaires fermés

La deuxième conférence du cycle d’Arts et cloître était consacrée à Chagall. Elle était donnée par Madeleine Zeller, conservateur de bibliothèque et photographe, au caveau de la Chartreuse, devenu une fois de plus bien exigu.

Madeleine Zeller a montré avec talent et détails combien Chagall a aimé le vitrail et y a excellé. « On a l’impression que Chagall est né pour le vitrail. Pour lui, cela a l’air tout simple. La matière, la lumière pour une cathédrale ou une synagogue, c’est une chose mystique qui passe par la fenêtre ». S’il s’agit d’une de ses dernières œuvres, celle de Sarrebourg en est la plus majestueuse, avec ses douze mètres de haut par sept mètres cinquante de large. Il avait déjà réalisé un vitrail pour l’ONU sur le thème de la paix transposé en tapisserie, trente ans plus tard, conservé aujourd’hui au musée du Pays de Sarrebourg. Dans cette ville de garnison, le député maire et Premier ministre Pierre Messmer avait eu l’idée de demander à Chagall de réaliser un vitrail pour fermer le chœur de la chapelle des Cordeliers, dont la nef vétuste venait d’être abattue. Ce qui fut fait de 1974 à 1976.

Chagall reste un artiste libre à plus d’un titre

Avant cela, l’artiste avait déjà réalisé des vitraux au plateau d’Assy, à New York, à Zurich, à Reims et à Mayence. Né à Vitebsk dans l’actuelle Biélorussie, Chagall (1887-1985) est « habité par la Bible, même s’il a été élevé dans la religion juive. » Il a réalisé tout un cycle de gravures de la Bible.

L’œuvre de Chagall fait parler, et renouvelle le thème de l’arbre de vie et du couple originel, avec ce bouquet multicolore flamboyant qui s’enracine dans l’ancienne chapelle de Sarrebourg.

Il y célèbre la beauté de la paix à travers l’amour. Chagall reste un artiste libre à plus d’un titre par rapport à ses sources et à ses réalisations : ainsi, Adam et Eve sont tentés ensemble, tandis que le serpent s’insinue dans la composition. Il réunit l’iconographie chrétienne et la culture hébraïque et est fasciné par la figure du Christ.

Madeleine Zeller a aidé à décrypter l’iconographie complexe et énigmatique de l’œuvre de Chagall, qui a toujours plusieurs sens et s’inscrit dans un temps continu confondant passé, présent et futur. Elle a mis en avant l’importance de la couleur chez Chagall, qui disait : « Dans une seule vie, la couleur qui donne sens, c’est l’amour ». Elle a enfin montré l’amitié qui unissait Charles Marq, maître verrier, à Chagall et le travail technique considérable de celui-ci pour amener des nuances sur des verres doublés gravés à l’acide fluorhydrique et réaliser « l’enflammement à mettre au monde la vision du peintre » pour créer « cette cloison transparente entre mon cœur et le cœur du monde », tel que Chagall définissait le vitrail.

L.L.

Article paru dans les DNA du 10.12.2011.

À l’image de saint Bruno

septembre 7th, 2011 Commentaires fermés

Beau succès pour la première conférence Arts et cloître donnée par Jean-Jacques Danel, franciscain et historien de l’art sur les vingt-deux tableaux d’Eustache Lesueur consacrés à la vie de saint Bruno, fondateur des chartreux.

Jean-Jacques Danel avertit d’emblée que bien des mystères demeurent concernant « saint Bruno (v 1030- 1101) et Lesueur, deux personnages discrets. Et que dire des chartreux, habitués au silence ! »

« Eustache Lesueur (1616-1655) a des habitudes calmes et de piété. Fils d’un tourneur sur bois, il a très peu quitté la région parisienne. Il entre à l’atelier de Simon Vouet où il rencontre la plupart des artistes qui vont compter. Lesueur s’inspirera aussi beaucoup de Raphaël, à tel point qu’on l’appellera le Raphaël français », raconte Jean-Jacques Danel.

Son style se caractérise par une grande élégance

Lesueur se spécialise dans la peinture religieuse à la suite de Vouet. Son style se caractérise par une grande élégance, de l’équilibre et de la grâce qu’on prête à l’Antiquité d’où le terme d’« atticisme parisien » à son propos. « Mais ce cycle de vingt-deux tableaux pour les chartreux n’est pas son œuvre majeure et Lesueur arrive à la fin de toute une série de cycles sur saint Bruno réalisés pour des chartreuses en France, en Espagne et en Angleterre, connu par la gravure ».

La chartreuse de Paris dont il ne reste plus rien se trouvait à l’emplacement actuel du jardin du Luxembourg à Vauvert, d’où l’expression « au diable Vauvert » marquant la distance de cette chartreuse par rapport à Paris. La commande fut réalisée pour le petit cloître des chartreux destiné aux visiteurs de la chartreuse entre 1645 et 1648. Comparativement à d’autres cycles sur saint Bruno, Jean-Jacques Danel montre que « le sujet n’est pas traité de la même façon et que Lesueur, dans une perspective tout intérieure, modifie peu à peu le visage de Bruno au fil du cycle jusqu’à le rendre semblable à celui du Christ. C’est le point de vue choisi par le peintre ».

Il s’est inspiré à la fois de la littérature apocryphe (Raymond Diocrès), et de la vie de saint Bruno pour mieux mettre en valeur la sainteté de vie du fondateur des chartreux (culte autorisé par le Saint-Siège dès 1514) et rejoint en cela le point de vue des chartreux consultés. « Bruno a voulu par son expérience de vie, en arrêtant d’enseigner et en se retirant du monde, trouver le visage de Dieu autrement que par ce que les livres pouvaient lui montrer » explique encore Jean-Jacques Danel en mentionnant une prière attribuée à saint Bruno. « Lesueur insiste aussi sur l’ornementation des vêtements sacerdotaux ; or Bruno n’était pas prêtre. Lesueur a tenté en tout cas d’exprimer le tempérament humain du XVII e siècle de manière moins intellectuelle que Poussin et de façon presque affective » indique le conférencier.

Le concile de Trente insistait sur la sainteté de vie des prêtres et leur fidélité au pape. « A-t-on voulu de cette manière donner des gages aux chartreux ? » Le mystère subsiste…

L.L.

Article paru dans les DNA du 6 novembre 2011.

Périgrinations artistiques entre Orient et Occident

mars 21st, 2011 Commentaires fermés

L’association Arts et Cloître a reçu à la chartreuse Lydia Harambourg, critique d’art et correspondante de l’académie des Beaux-arts pour une dernière conférence qui a brillamment fait découvrir les univers de deux peintres franco-chinois, toujours vivants, devenus académiciens : Chu-Teh -Chun et Zao-Wou-Ki.

Après guerre, Paris est une ville phare, où les grandes figures que sont Picasso, Matisse, Bonnard ou Léger attirent les artistes de tous pays (États-Unis, Chine…) avec des facilités d’étude et d’exposition. Ainsi en est-il de la venue des Chinois Zao-Wou-Ki en 1948 et Chu-Teh-Chun en 1955. Tous deux, issus de la haute société chinoise, ils sont passés par l’école des Beaux-arts de Hangzhou, ville intellectuelle, admirée en son temps par Marco Polo. Ils y apprennent les bases du dessin et de la peinture, découvrent de grands artistes comme Cézanne, Matisse ou Picasso par livres interposés et photos en noir et blanc. Leur premier réflexe, une fois à Paris est de se précipiter au Louvre. Ils dessinent des nus à la grande chaumière et suivent des cours de français par l’Alliance française, tout en se liant avec de nombreux artistes ou poètes.

Si la peinture de ces deux peintres est l’expression de deux cultures, Lydia Harambourg (*) indique une différence fondamentale entre Orient et Occident : « Alors que le peintre occidental décrit un paysage, l’Oriental partage sa dimension cosmique ». Le peintre chinois dévide les fils de sa vision. « Le tao enseigne qu’il faut éprouver physiquement le monde, en rupture totale avec l’illusionnisme pictural. La toile est le terrain où affleure la peinture comme lien mémoriel. Chu- Teh -Chun emmène avec lui l’espace mental que lui ont appris les maîtres Song », dit-elle. L’Occident des années 1950 retrouve avec le recours aux signes et la généralisation de l’abstraction le principe des calligraphes chinois.

Lydia Harambourg met en évidence les étapes et influences successives, déterminantes pour Chu-Teh-Chun. Cézanne pour les notions d’espace et de lumière, Nicolas de Staël pour la construction de la toile et enfin Rembrandt pour le contraste du clair-obscur. Chu-Teh-Chun expose pour la première fois en 1958. « Sa peinture devient le lieu de toutes les plongées comme des ascensions et la surface est appréhendée comme un espace poétique […] Il infléchit son acte pictural en expression spirituelle ». Ce n’est qu’en 1987 qu’il pourra retourner en Chine pour y exposer. En 1990, disposant enfin d’un atelier, il fait de grands formats. Depuis 2009, le peintre, très âgé et malade, ne peint plus.

À la différence de Chu-Teh-Chun, Zao-Wou-Ki s’est beaucoup exprimé sur sa peinture. Ainsi, il mentionne ceci : « Picasso m’avait appris à dessiner comme Picasso mais Cézanne m‘a appris à dessiner la nature chinoise » ou encore « ce qui est abstrait pour vous est réel pour moi », à propos de sa première peinture abstraite « Vent » (1954).

Il peint à main levée à plat ou en hauteur. Pour lui : « Le flou, lointain reflète l’esprit de contemplation. Il donne à voir le monde où haut et bas, loin et près se confondent ». Bien vite, Zao-Wou-Ki cesse de donner des titres à ses œuvres, l’état d’âme d’une œuvre devant suffire. Ces deux artistes ont également en partage une certaine spiritualité et l’amour de la musique. « Dans l’œuvre de Zao-Wou-Ki, le ciel prendra de plus en plus d’importance, ses tons deviendront de plus en plus doux et son écriture de plus en plus fine. Sa peinture, très évanescente, presque insaisissable, invite à un voyage en esprit. Il ne faut pas que le tableau soit l’illustration d’une anecdote. Ce qui compte, c’est le rythme ».

Enfin, à propos de la démarche très spirituelle et intellectuelle de ces deux artistes, une citation du franco-chinois François Cheng à méditer : « Le vide est le lieu par excellence où s’opèrent les transformations, où le plein serait à même d’atteindre la vraie plénitude »

L.L.

(*) Auteur d’un dictionnaire des peintres de la Nouvelle École de Paris.

Article paru dans les DNA du 29 avril 2011.


Un art pour se ressourcer

février 14th, 2011 Commentaires fermés

Un atelier de calligraphie organisé par Arts et cloître a permis de conjuguer plaisir, découverte et approfondissement en réunissant tous les âges. Une heureuse initiative, autour d’un art du patrimoine qui vaut le détour.

De 12 à 85 ans, hommes et femmes, tous et toutes se sont pliés à l’exercice de la plume avec enthousiasme. Certains débutaient, d’autres étaient plus avancés dans leur connaissance de l’onciale.

L’alphabet oncial a permis de sauvegarder la culture classique par le biais des monastères en transmettant livres et dogmes. Il s’impose dès le IV e siècle comme l’écriture de prédilection des ouvrages de luxe et des textes sacrés jusqu’au XII e siècle. Les Chartreux avaient une bibliothèque réputée et étaient astreints au travail manuel comme le voulait la règle. Pas un bruit.

Le but était de découvrir ou de retrouver les gestes que le moine chartreux avait effectués au monastère de Molsheim durant près de deux siècles (1598-1792). Que ce soit le contenu ou la méditation procurés par la technique de la calligraphie, tous ont mis en avant le fait qu’ils se faisaient plaisir. « Cela m’apporte une paix incroyable, l’ambiance est feutrée, l’accueil chaleureux, ce qui permet de bien travailler », a expliqué l’une des participantes. « C’est très calme, on progresse à son rythme », a ajouté une autre. « J’en avais déjà fait tout seul chez moi, j’ai le temps de me perfectionner durant ma retraite », mentionne un dernier. Un quatrième, féru de généalogies et de recherches historiques, lit le fraktur (ancien allemand du Moyen-Âge) et souhaiterait pouvoir en apprendre la graphie. Enfin, le point commun à tous, c’est de ne plus être fatigué et d’avoir chassé tout stress. Un conseil d’ancien : « Il faudrait proposer aux jeunes de faire de la calligraphie, ils seraient plus calmes et ne traîneraient plus dans les rues, il y aurait moins de délinquance », conclut-il malicieusement.

L.L

Article paru dans les DNA du 12 février 2011.

Un art de vivre créatif

octobre 3rd, 2010 Commentaires fermés

Un atelier d’ikebana, art floral japonais, organisé par l’association Arts et cloître a eu lieu au caveau de la Chartreuse et a enthousiasmé les nombreux participants, venus de différentes communes du Bas-Rhin.

Ono no Imoko, ambassadeur japonais fut envoyé par l’impératrice en Chine au VIe siècle. Devenu le prêtre Senmu, il fut le premier au Japon à codifier l’art floral. Si cet art concernait plus particulièrement les hommes et les moines bouddhistes, sa pratique s’est aujourd’hui élargie sans en exclure quiconque.

A l’opposé de la surabondance

Dix participantes provenant de Breuwickersheim, Westhoffen, Geispolsheim, Mutzig ou Molsheim s’y sont exercées avec grand plaisir sous l’œil vigilant de sœur Sabine, franciscaine du couvent de Reinacker. Formée à l’art de l’ikebana en Allemagne auprès du frère bénédictin Willigis, elle continue toujours à se perfectionner. Lors de l’atelier, certaines avaient l’habitude du fleurissement des églises, d’autres non. Pour toutes, c’était un moment de plaisir créatif et pour certaines une découverte de la chartreuse.
L’une d’entre elles, d’abord hermétique à l’art floral japonais a trouvé cela passionnant : « la feuille ou la fleur exprime plein de choses sans modèle à dupliquer, en réalisant sa propre création » C’est aussi très technique selon le type de bouquet envisagé au cours de la journée : shoka, moribana ou rikka. « Cela permet aussi d’offrir une composition à quelqu’un ». Enfin, c’est surtout la sobriété de cet art qui séduit les créatrices : « la possibilité d’exprimer avec peu et avec le vide ,à l’opposé de la surabondance de notre société ou encore la relation entre le ciel, l’homme et la terre. Tout est symbolique et mis en valeur ».
Ceci dans une très bonne ambiance, conviviale et amicale qui a donné envie de recommencer dans quelque temps le même genre d’atelier pour s’y perfectionner !

L.L

Article paru dans les DNA du 3/10/2010