Plongée dans le temps et le chant

octobre 1st, 2017 § 2 comments § permalink

Un stage de chant grégorien, sous l’égide d’Arts et cloître et de l’association Organum, a eu lieu à la chartreuse de Molsheim d’après un manuscrit chartreux.

Venus d’horizons très variés, quatorze stagiaires se sont mis le week-end dernier à l’écoute de Marcel Pérès, grande figure du chant ecclésiastique et médiéval.

Régulièrement l’association Arts et Cloître organise des ateliers pour faire découvrir l’activité du moine chartreux. Après l’enluminure, le modelage, la calligraphie… le chant grégorien. Le moine chartreux se rend trois fois par jour à l’église de son monastère où il y prie avec les autres membres de sa communauté et chantent ou psalmodient. Certains participants venaient de Munich, de Tübingen, d’Offenbourg, de Paris ou encore de Lille mais les Molshémiens étaient là aussi. Tous étaient motivés par l’apprentissage du chant grégorien et du chant chartreux au contact d’une personnalité hors pair, celle de Marcel Pérès. Musicien, organiste, il est le fondateur du CIRMA (Centre itinérant de recherches sur les musiques Anciennes) à Moissac et participe à de nombreux enregistrements et concerts partout dans le monde. Son action a été couronnée par plusieurs prix. Les stagiaires et leur animateur ont découvert la chartreuse de Molsheim et sont tombés sous son charme. Le jardin médiéval implanté à l’emplacement de l’ancien réfectoire des moines a eu beaucoup de succès avec ses légumes ou espèces anciennes.

Une page en peau de mouton

Il fallut d’abord apprendre à lire la partition du manuscrit de la chartreuse de Liège, datant du XIVe siècle. Ce qui ne fut pas toujours simple même pour les plus aguerris. Le système de notation n’est pas encore fixé et lorsqu’une peau de mouton constitue la page rare, non orthogonale et nécessaire d’un ouvrage, on met alors quelques rajouts sur les portées. Et seul un œil averti les détecte. Ensuite il s’est agi de comprendre la mentalité du chanteur et son expérience du temps.

« Les chartreux, à la charnière de plein de choses, ont le souci de la tradition et une expérience mystique très forte. Ils respectent encore celle du XIème siècle qui se transmet de maître à élève. La liturgie est un cheminement avec d’abord la proclamation de l’Evangile avant l’office de nuit et pendant celui-ci. Les chartreux chantent très lentement et par cœur pour développer le côté vibratoire du son. Il faut scander et trouver un rythme pour que le sens entre en nous », indique Marcel Pérès. » Pendant longtemps, le temps de la Parole était celui de l’instant puis à partir du XIIIème siècle le temps devient une construction géométrique (avec plusieurs voix par exemple). L’Occident s’est développé grâce à cette nouvelle définition du temps qui a permis d’organiser des séquences dédiées à telle ou telle activité et a favorisé l’expansion économique. Les chartreux envisagent le temps avec lenteur et sont loin du temps du monde. Cependant, pour les stagiaires ce fut une expérience unique, très riche, à réitérer.

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 08/10/2017

 

 

 

 

Samedi 14 septembre de 10h à 12h et de 14h à 17h: atelier d’ikebana. Découverte et pratique de cet art floral lors des journées du patrimoine.

septembre 9th, 2013 § Commentaires fermés sur Samedi 14 septembre de 10h à 12h et de 14h à 17h: atelier d’ikebana. Découverte et pratique de cet art floral lors des journées du patrimoine. § permalink

Faute d’avoir suffisamment de participants, l’atelier d’ikebana proposé par l’association Arts et cloître samedi 14 septembre à la chartreuse de Molsheim dans le cadre des journées du patrimoine sera reporté au printemps prochain . La prochaine date sera annoncée dans la presse . 

 

Un art pour se ressourcer

février 14th, 2011 § Commentaires fermés sur Un art pour se ressourcer § permalink

Un atelier de calligraphie organisé par Arts et cloître a permis de conjuguer plaisir, découverte et approfondissement en réunissant tous les âges. Une heureuse initiative, autour d’un art du patrimoine qui vaut le détour.

De 12 à 85 ans, hommes et femmes, tous et toutes se sont pliés à l’exercice de la plume avec enthousiasme. Certains débutaient, d’autres étaient plus avancés dans leur connaissance de l’onciale.

L’alphabet oncial a permis de sauvegarder la culture classique par le biais des monastères en transmettant livres et dogmes. Il s’impose dès le IV e siècle comme l’écriture de prédilection des ouvrages de luxe et des textes sacrés jusqu’au XII e siècle. Les Chartreux avaient une bibliothèque réputée et étaient astreints au travail manuel comme le voulait la règle. Pas un bruit.

Le but était de découvrir ou de retrouver les gestes que le moine chartreux avait effectués au monastère de Molsheim durant près de deux siècles (1598-1792). Que ce soit le contenu ou la méditation procurés par la technique de la calligraphie, tous ont mis en avant le fait qu’ils se faisaient plaisir. « Cela m’apporte une paix incroyable, l’ambiance est feutrée, l’accueil chaleureux, ce qui permet de bien travailler », a expliqué l’une des participantes. « C’est très calme, on progresse à son rythme », a ajouté une autre. « J’en avais déjà fait tout seul chez moi, j’ai le temps de me perfectionner durant ma retraite », mentionne un dernier. Un quatrième, féru de généalogies et de recherches historiques, lit le fraktur (ancien allemand du Moyen-Âge) et souhaiterait pouvoir en apprendre la graphie. Enfin, le point commun à tous, c’est de ne plus être fatigué et d’avoir chassé tout stress. Un conseil d’ancien : « Il faudrait proposer aux jeunes de faire de la calligraphie, ils seraient plus calmes et ne traîneraient plus dans les rues, il y aurait moins de délinquance », conclut-il malicieusement.

L.L

Article paru dans les DNA du 12 février 2011.

Un art de vivre créatif

octobre 3rd, 2010 § Commentaires fermés sur Un art de vivre créatif § permalink

Un atelier d’ikebana, art floral japonais, organisé par l’association Arts et cloître a eu lieu au caveau de la Chartreuse et a enthousiasmé les nombreux participants, venus de différentes communes du Bas-Rhin.

Ono no Imoko, ambassadeur japonais fut envoyé par l’impératrice en Chine au VIe siècle. Devenu le prêtre Senmu, il fut le premier au Japon à codifier l’art floral. Si cet art concernait plus particulièrement les hommes et les moines bouddhistes, sa pratique s’est aujourd’hui élargie sans en exclure quiconque.

A l’opposé de la surabondance

Dix participantes provenant de Breuwickersheim, Westhoffen, Geispolsheim, Mutzig ou Molsheim s’y sont exercées avec grand plaisir sous l’œil vigilant de sœur Sabine, franciscaine du couvent de Reinacker. Formée à l’art de l’ikebana en Allemagne auprès du frère bénédictin Willigis, elle continue toujours à se perfectionner. Lors de l’atelier, certaines avaient l’habitude du fleurissement des églises, d’autres non. Pour toutes, c’était un moment de plaisir créatif et pour certaines une découverte de la chartreuse.
L’une d’entre elles, d’abord hermétique à l’art floral japonais a trouvé cela passionnant : « la feuille ou la fleur exprime plein de choses sans modèle à dupliquer, en réalisant sa propre création » C’est aussi très technique selon le type de bouquet envisagé au cours de la journée : shoka, moribana ou rikka. « Cela permet aussi d’offrir une composition à quelqu’un ». Enfin, c’est surtout la sobriété de cet art qui séduit les créatrices : « la possibilité d’exprimer avec peu et avec le vide ,à l’opposé de la surabondance de notre société ou encore la relation entre le ciel, l’homme et la terre. Tout est symbolique et mis en valeur ».
Ceci dans une très bonne ambiance, conviviale et amicale qui a donné envie de recommencer dans quelque temps le même genre d’atelier pour s’y perfectionner !

L.L

Article paru dans les DNA du 3/10/2010