« La septième conférence du programme 2009/10 de l’association Arts et cloître a été musicale . Un changement de conférencier a dû intervenir .C’est le musicien Daniel Leininger qui a donné, samedi 24 avril, une conférence sur le thème suivant : » « Musique, lumière et souffle : Jean-Sébastien Bach, architecte et dramaturge. De la figure musicale à la grande structure » Depuis les courtes figures jusqu’aux grandes structures qui se dégagent des Passions et de la Messe en Si notamment, JS.Bach développe un discours musical cohérent et porteur de sens. C’est en véritable architecte qu’il construit ses œuvres, bien loin de simples effets de style. Sans avoir composé le moindre opéra, Bach se révèle comme un audacieux metteur en scène, doué d’un sens dramaturgique exceptionnel. A travers différents exemples extraits de l’Orgelbüchlein(petit livre d’orgue), des cantates, des motets, des Passions et de la Messe en Si , le public a découvert à travers l’écoute toute la richesse de ce langage qui parvient encore à nous émouvoir aujourd’hui. Daniel Leininger a étudié la musique (orgue et direction de chœur) ainsi que la théologie protestante à Strasbourg, Erlangen (D) et Luxembourg. Il est organiste titulaire de l’orgue historique J.A.Silbermann de l’église Saint-Thomas à Strasbourg depuis 1989. Il a fondé l’Ecole d’Orgue Protestante (AFORGEP) en 1992 et depuis en assure la direction. En 2005, il est nommé responsable du Service Musique de l’Union des Eglises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). Il se produit en concert dans différents pays d’Europe à l’orgue ou à la tête de l’Ensemble vocal Ripieno qu’il a fondé en 1999.
« Musique, lumière et souffle: Jean-Sébastien Bach, architecte et dramaturge »
avril 18th, 2010 Commentaires fermés
« Lumière et espace indicible: l’architecture religieuse de Le Corbusier. Eglises de Ronchamp, Firminy et couvent de la Tourette. »
février 10th, 2010 Commentaires fermés
« A l’occasion du cinquantenaire du couvent de la Tourette, construit en 1959 par l’architecte Charles-Édouard Jeanneret dit le Corbusier(1887- 1965), cette sixième conférence du cycle « matières d’invisible : pierre, lumière et souffle» de l’association Arts et cloître de Molsheim a été donnée samedi 20 mars 2010 à 16h30 au caveau de la chartreuse de Molsheim par le frère Marc Chauveau, historien de l’art et dominicain au couvent de la Tourette, près de Lyon. Il a montré comment au-delà même de la fonction des bâtiments, et du métier d’architecte, le Corbusier allie sens de l’espace (ce qu’il appelle « espace indicible ») et orchestration de la lumière sans en oublier la dimension spirituelle. C’est ce que Le Corbusier disait en ces mots. « Lorsqu’une œuvre est à son maximum d’intensité, de proportion, de qualité d’exécution, de perfection, il se produit un phénomène d’espace indicible: les lieux se mettent à rayonner, physiquement, ils rayonnent ; ils déterminent ce que j’appelle ‘l’espace indicible’, c’est-à-dire un choc qui ne dépend pas des dimensions, mais de la qualité de perfection. C’est du domaine de l’ineffable ». Avec Ronchamp (1955) et l’église de Firminy (1964-achevée en 2004) ce sera une occasion unique de découvrir l’œuvre architecturale religieuse de Le Corbusier, cette architecture du silence et de l’ineffable.
« La Bible sur fond d’or : mosaïques de la basilique St Marc à Venise. Rencontre entre le monde vénitien et le monde byzantin. »
février 10th, 2010 Commentaires fermés
Cette conférence a été donnée le samedi 27 février 2010 par Anne Vuillemard, historienne de l’art, au Caveau de la Chartreuse.
Couvrant les sols et les murs et s’insinuant jusque sur la façade, les mosaïques de la basilique Saint Marc de Venise constituent une véritable Bible illustrée sur plusieurs milliers de mètres carrés. Au sein de ce monument emblématique de la République Sérénissime, c’est sur le fond d’or des tesselles que s’illustre la fascinante rencontre entre l’Orient et l’Occident. Cet ensemble exceptionnel permettra de voir cette technique évoluer des premiers aplats byzantins jusqu’aux mises en scène en perspective d’après des cartons du Titien ou de Tintoret. Les plus belles mosaïques conservées du XIIe au XVIe siècle pourront être observées dans des scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament, mais aussi de la vie de saint Marc. Les voûtes dorées de la basilique apparaitront comme l’image de la cité céleste dont saint Jean a évoqué la préciosité dans l’Apocalypse.
« Une symbolique de pierre et de lumière : Ste Madeleine de Vézelay »
janvier 15th, 2010 Commentaires fermés
Très nombreux étaient les amateurs qui avaient fait le déplacement à la chartreuse pour entendre Maurice Bondu, architecte et ancien guide Casa*, venu de Nantes partager sa sensibilité à ce lieu particulier qu’est la Madeleine de Vézelay avec photos couleurs exposées et mémoire à l’appui.
Fasciné par Vézelay, Maurice Bondu, à la voix timide, «est devenu façonné par ce site extraordinaire »qu’il a fait visiter durant cinq années et qui a fait l’objet d’un mémoire d’architecture comparative de Vézelay à Ronchamp. D’où, cette conférence intitulée « Vézelay au soleil de sa course : dynamiques architecturales d’une église de lumière et de symboles : la basilique Ste Madeleine » .Fondée au IXème siècle, il ne s’y trouve alors aucune relique de Ste Madeleine. « On ne sait pas bien comment elles arrivent là. Peut-être un moine de la Ste Baume est venu avec des reliques de la sainte » avance-t-il. Le pèlerinage commence vers 1050. « Ste Madeleine, pécheresse repentie et première à avoir vu le Christ ressuscité selon les Evangiles, peut intercéder pour les pèlerins. »dit-il. Point de rencontre vers St Jacques de Compostelle, dés le XIIème siècle, Vézelay se mérite et se laisse découvrir d’abord géographiquement. « Des rideaux d’arbres au creux de la vallée accompagnent la rivière du sud vers le nord. Plus loin, collines, ondulations, forêts, collines….Et au milieu du paysage comme en attente, un promontoire piédestal habité de présence… » La nef est construite d’est en ouest. « Ils ont voulu faire quelque chose de magnifique mais sont allés au plus juste de la technique. Ainsi, les murs s’élargissent vers le haut sous le poids des voûtes » En 1140, le chœur est roman et la nef romane. « De 1140 à 1150, on construit un narthex, réservé aux catéchumènes. A cette époque là on connaît l’arc brisé, beaucoup plus stable qu’un arc en plein cintre. Un art gothique, très simple va permettre d’avoir une symbolique de la lumière, en passant de la pénombre du narthex à la lumière de la nef et du chœur » explique-t-il avant d’enchaîner : «à Vézelay, l’architecture oriente notre regard et notre corps pour passer au plan symbolique. Ainsi le carré et l’angle évoque, les points cardinaux, les quatre éléments, la terre et ceux qui l’habitent tandis que le cercle ou le plein cintre ou la coupole sont comme l’éternité, sans début ni fin et évoque le Ciel et Dieu. » Le passage d’ouest en est mène le pèlerin des ténèbres de la nuit vers la lumière du matin, « de la fin du jour à la mort et à la résurrection du Christ, de la fin des temps et du jugement à l’éternité et à la Miséricorde infinie qui se donne » soutient -il. Il met en exergue le fait qu’à Vézelay, les grands moments solaires sont marqués comme sur un cadran, pour associer la terre et le ciel. Sur les trois tympans, les travaux des mois expriment les saisons et alternent avec les étoiles du Zodiaque. Les arcs doubleaux de la nef s’en font l’écho. Puis il fait part du fruit de ses recherches personnelles pour les deux solstices : « l’instant des solstices est important. Le solstice d’hiver est lié à la Nativité, les rayons solaires éclairent alors les chapiteaux de la nef côté nord et tout au long de la courte journée ceux du bas -côté sud. Les matins d’équinoxe allongent les rayons du chœur jusqu’au narthex et éclairent alors le tympan d’une lumière douce et indirecte cf Isaïe (9,1)» Ainsi, les trois extraordinaires tympans sculptés parlent encore aujourd’hui au visiteur, au pélerin comme au moine du XIIème siècle, de rencontre, de chemin et de prière au travers de scènes d’Evangile, mises en lumière de l’Incarnation à la Résurrection. Au solstice d’été, à la St Jean-Baptiste, le soleil dans la nef, alors au plus haut de l’année et de la journée, trace un chemin de lumière dans l’axe de la nef et des piliers. « Ce sont les pierres d’un gué spirituel, étapes d’un parcours qui mène vers la pleine lumière. Au même instant, les rayons ne pénètrent dans le bas -côté sud que réfléchis par les allèges horizontales des baies, donnant plus de force et de sens à l’évènement dans la nef. » Il fait part de sa dernière observation, in situ : « le tibia droit du Christ(tympan du jugement) est parallèle à ces rayons magnifiques, avec un angle de même amplitude. Comme pour indiquer en écho que le Christ seul est le chemin, la Vérité et la vie (Jean, 14, 6) » Une exégèse qui démontre qu’une forte symbolique y est inscrite par-delà les siècles dans la pierre et la lumière comme fil rouge d’une foi vivante des peuples, transmise par-delà les styles architecturaux.
*Casa (communauté d’accueil dans les sites artistiques) association qui accueille tout l’été depuis 35 ans les visiteurs sur une 12è de sites artistiques et religieux en France et à l’étranger www.guidecasa.com
.L.L
Prochaine conférence d’Arts et cloître, samedi 27 février 2010 à 16h30, la Bible sur fond d’or : mosaïques de la basilique St Marc à Venise . rencontre entre le monde vénitien et byzantin » par Anne Vuillemard , historienne de l’art. entrée libre , plateau réservation conseillée au 03 88 38 11 61