Prochaine conférence d’Arts et Cloître: samedi 2 décembre 2017 à 16h30 au caveau de la chartreuse de Molsheim

novembre 24th, 2017 § Commentaires fermés sur Prochaine conférence d’Arts et Cloître: samedi 2 décembre 2017 à 16h30 au caveau de la chartreuse de Molsheim § permalink

Le temps, notre  allié ou notre pire ennemi ?

 » Vous avez du temps ? Moi … pas ! Du temps monastique au temps d’aujourd’hui. »  A travers un titre légèrement provocateur, cette conférence du samedi 2 décembre à 16h30 qui sera donnée  par Pascal Pradié, bénédictin de St Wandrille au caveau de la chartreuse de Molsheim, nous introduira dans le mystère du temps à travers les âges et l’art : clepsydre, sablier, calendrier solaire, horloge…

Une première partie plus historique d’un temps dominé par Dieu abordera l’origine de son calcul et sa mise en pratique dans la vie monastique où tout le temps est unifié par le service divin.

La deuxième partie, davantage abordée comme le temps de l’homme, nous montrera comment le temps qui pourrait être notre grand allié a pu devenir notre pire ennemi, au point de remplir nos contemporains d’angoisse et de culpabilité. En bref, pourquoi n’avons nous plus le temps de rien … ni pour nous ni pour les autres ?

Entrée libre, places limitées.

Réservation conseillée au 03 88 47 24 85. Plateau à la sortie.

Au commencement était la fin. la chapelle Chigi( 1513-1555) de Raphaël dans l’église Santa Maria del Popolo à Rome

novembre 1st, 2017 § Commentaires fermés sur Au commencement était la fin. la chapelle Chigi( 1513-1555) de Raphaël dans l’église Santa Maria del Popolo à Rome § permalink

Une conférence de Florian Métral, docteur en histoire de l’art à Paris 1, sur la chapelle Chigi à Rome célèbre la naissance et le passage du temps par un parallèle  constant  entre l’existence d’Agostino Chigi, banquier des papes et puissant personnage et l’histoire du monde. Un projet artistique d’une grande ambition qui n’a d’égal à l’époque que la chapelle Sixtine !  A découvrir !

 

 

Au début des années 1510, Agostino Chigi (1466-1520), le banquier des papes et un des plus puissants personnages de la Renaissance, confia à Raphaël (1483-1520) la conception de sa chapelle funéraire dans la basilique Santa Maria del Popolo, à Rome.

L’ambition artistique de cet ensemble décoratif, inspiré du modèle du Panthéon, et la richesse de ses références théologiques, philosophiques et cosmologiques en font un exemple phare de l’art romain du début du XVIe siècle ; exemple qui n’a d’égal, à l’époque de sa conception, que la voûte de la chapelle Sixtine récemment achevée par Michel-Ange en 1512.

Demeure d’éternité pour son commanditaire et sa famille, la chapelle Chigi célèbre la naissance et le passage du temps par la mise en correspondance de l’existence terrestre d’Agostino Chigi avec l’histoire du monde, depuis la création initiale du cosmos jusqu’à la recréation finale scellant la promesse de la résurrection de l’âme.

Florian Métral, docteur en histoire de l’art à Paris 1,Panthéon -Sorbonne a donné une conférence pour Arts et cloître au caveau de la chartreuse de Molsheim le 18 octobre 2017.

Pour écouter l’interview de Florian Métral, suivre le lien suivant:

https://soundcloud.com/diocese-alsace/itw-florian-metral-pour-arts-et-cloitre

Le peintre et l’histoire

octobre 3rd, 2017 § Commentaires fermés sur Le peintre et l’histoire § permalink

 

Pour la 12e saison d’Arts et Cloître, la peinture d’histoire au XIXe siècle en France était au programme avec la façon d’envisager l’instant et le temps pour constituer une mémoire. Une grande fresque dépeinte avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité par Jean-Jacques Danel, franciscain et historien de l’art.

La peinture d’histoire née au XVIIe « est le genre le plus prisé selon le peintre Félibien qui établit un classement pour l’Académie des Beaux-arts : sujets religieux, batailles ou scènes mythologiques. Louis XIV en a usé avec le succès que l’on connaît. » Elle permet peu à peu de se forger un référent national. Le conférencier montre une multitude de tableaux très variés dans leur approche du temps et la réalisation de l’image. C’est souvent le résultat d’une commande. Mais le temps est souvent distancié entre l’événement et sa représentation. La part de subjectivité de l’artiste y intervient comme parfois celle du commanditaire ainsi que les modes. Alors au final, comment lire une scène du XIXe  siècle sans se faire « manipuler » ? »

« Une manière habile de faire oublier les 25 000 morts de cette bataille ! »

« A la fin du XVIIIe  siècle, à la suite du comte d’Angevilliers, on va s’intéresser au patrimoine. C’est la naissance du néoclassicisme où l’on aime s’inspirer de faits anciens pour décrire une situation actuelle. »

Dans l’enlèvement des Sabines, David a insisté sur l’idée très moderne pour le XIXe  siècle des héros et des héroïnes. Les femmes ont permis d’éviter une guerre et favorisé une réconciliation entre les Romains et les Sabins. « Le tableau du sacre représente trois ans de travail, après l’évènement. Si Napoléon se couronne lui-même et Joséphine, les références sont romaines. Le peintre y était présent. Mais il y place la mère de l’empereur qui n’y était pas. Ainsi le rapport à l’histoire est bien différent d’aujourd’hui : c’est une représentation selon l’inspiration du peintre.

De même, le baron Gros peint Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa en 1804 après le sacre mais en choisissant de le placer au milieu de ses soldats, allusion au pouvoir du roi qui pouvait toucher les écrouelles. « Une façon de se légitimer et de s’inscrire dans une longue tradition. Le même peintre montre pour une commande officielle présentée au Salon le champ de bataille d’Eylau en insistant sur le geste de Napoléon en faveur des prisonniers russes. Une manière habile de faire oublier les 25 000 morts de cette bataille ! »

Le travail de journaliste de Géricault

Géricault dépeint aussi les officiers ou les cuirassiers comme des héros anonymes auprès de leurs chevaux qui se cabrent. Si David choisit de montrer Bonaparte en conquérant, Delaroche peint l’homme seul qui subit. « Le tableau des massacres de Scio de Delacroix où une famille attend la mort a eu une grande influence sur les romantiques. En effet, l’expression des visages ne suit plus celle du corps mais tient compte du ressenti, » ajoute le conférencier. Au salon de 1819, Géricault présente le radeau de la Méduse. Il prend un exemple contemporain à une époque troublée où l’on se cherche un nouveau héros après Napoléon et avant Louis XVIII. La Frégate « la Méduse » s’échoue avec 147 personnes à son bord. Quinze jours plus tard, quinze survivants sont récupérés par la frégate Argus. « Il y a eu des cas de cannibalisme et le personnage en responsabilité a été coopté par relation. En plus, Géricault représente en haut de sa pyramide humaine un esclave noir, tout ceci fait scandale. Il a pour ce tableau effectué un travail de journaliste en allant dans les morgues. Il veut montrer que l’homme est capable de trouver en lui la force d’aller plus loin hors du système politique ou religieux ».

Marat plus que la Bastille

Mais ce qui a compté dans l’histoire de notre pays est parfois très peu représenté par les peintres à l’inverse d’autres événements. Ainsi, « la prise de la Bastille, fait majeur pour notre République aujourd’hui a été très peu représentée en peinture. En effet, la Bastille ne fut défendue que par 5 invalides, puisque depuis Louis XVI, on n’embastillait plus. Et le 14 juillet ne devint le jour de la fête nationale que 100 ans après en 1880. »

Au contraire, le tableau de Marat assassiné réalisé par David fait référence à ce député républicain des montagnards qui fut à sa mort exposé nu avec un drap mouillé et sa blessure montrée à tous. « Marat est devenu avec David le nouveau martyr de la révolution. Pour renforcer cet effet, les tons sont froids, le corps livide, la blessure saigne, il tient dans sa main la lettre de Charlotte Corday ». Enfin, la Liberté guidant le peuple n’est pas envisagée par Delacroix comme une allégorie de la République : « j’ai entrepris un sujet moderne, une barricade, » disait-il. « Le fait de représenter côte à côte les bourgeois et le peuple n’a pas plu sans compter les nombreux cadavres. L’image n’a pas convenu non plus aux révolutionnaires de l’époque, » précise J.J Danel.

L’Alsace et la Lorraine au pied de la croix

Enfin, il est frappant de voir à travers la peinture combien Napoléon III a fait la guerre à la seule fin de se montrer le digne héritier de Bonaparte. Pendant dix ans, les épisodes de la Commune n’étaient pas représentables. Certains tableaux font allusion à l’histoire alsacienne comme la bataille de Reichshoffen peinte par Aimé Morot. Enfin, le dernier tableau projeté d’Eugène Chaperon montre les vedettes, l’Alsace et la Lorraine au pied de la croix, côté prussien avec en face un cavalier français prêt à venir à leur secours. Et les morts eux aussi français se relèvent pour charger comme dans un film fantastique. La mémoire de la guerre de 1870 semble avoir été oblitérée dans la mémoire collective. Pourquoi ? Tous les peintres n’ont pas peint l’histoire. Certains comme les impressionnistes n’ont pas voulu ou pas pu le faire. Aujourd’hui, encore de quelle réalité tiennent compte les peintres aux armées ? Vaste question pour un sujet passionnant.

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 05/11/2017

 

 

Plongée dans le temps et le chant

octobre 1st, 2017 § 2 comments § permalink

Un stage de chant grégorien, sous l’égide d’Arts et cloître et de l’association Organum, a eu lieu à la chartreuse de Molsheim d’après un manuscrit chartreux.

Venus d’horizons très variés, quatorze stagiaires se sont mis le week-end dernier à l’écoute de Marcel Pérès, grande figure du chant ecclésiastique et médiéval.

Régulièrement l’association Arts et Cloître organise des ateliers pour faire découvrir l’activité du moine chartreux. Après l’enluminure, le modelage, la calligraphie… le chant grégorien. Le moine chartreux se rend trois fois par jour à l’église de son monastère où il y prie avec les autres membres de sa communauté et chantent ou psalmodient. Certains participants venaient de Munich, de Tübingen, d’Offenbourg, de Paris ou encore de Lille mais les Molshémiens étaient là aussi. Tous étaient motivés par l’apprentissage du chant grégorien et du chant chartreux au contact d’une personnalité hors pair, celle de Marcel Pérès. Musicien, organiste, il est le fondateur du CIRMA (Centre itinérant de recherches sur les musiques Anciennes) à Moissac et participe à de nombreux enregistrements et concerts partout dans le monde. Son action a été couronnée par plusieurs prix. Les stagiaires et leur animateur ont découvert la chartreuse de Molsheim et sont tombés sous son charme. Le jardin médiéval implanté à l’emplacement de l’ancien réfectoire des moines a eu beaucoup de succès avec ses légumes ou espèces anciennes.

Une page en peau de mouton

Il fallut d’abord apprendre à lire la partition du manuscrit de la chartreuse de Liège, datant du XIVe siècle. Ce qui ne fut pas toujours simple même pour les plus aguerris. Le système de notation n’est pas encore fixé et lorsqu’une peau de mouton constitue la page rare, non orthogonale et nécessaire d’un ouvrage, on met alors quelques rajouts sur les portées. Et seul un œil averti les détecte. Ensuite il s’est agi de comprendre la mentalité du chanteur et son expérience du temps.

« Les chartreux, à la charnière de plein de choses, ont le souci de la tradition et une expérience mystique très forte. Ils respectent encore celle du XIème siècle qui se transmet de maître à élève. La liturgie est un cheminement avec d’abord la proclamation de l’Evangile avant l’office de nuit et pendant celui-ci. Les chartreux chantent très lentement et par cœur pour développer le côté vibratoire du son. Il faut scander et trouver un rythme pour que le sens entre en nous », indique Marcel Pérès. » Pendant longtemps, le temps de la Parole était celui de l’instant puis à partir du XIIIème siècle le temps devient une construction géométrique (avec plusieurs voix par exemple). L’Occident s’est développé grâce à cette nouvelle définition du temps qui a permis d’organiser des séquences dédiées à telle ou telle activité et a favorisé l’expansion économique. Les chartreux envisagent le temps avec lenteur et sont loin du temps du monde. Cependant, pour les stagiaires ce fut une expérience unique, très riche, à réitérer.

L.L.

Article paru dans les D.N.A. du 08/10/2017

 

 

 

 

Arts et Cloître vous propose son 12ème cycle de conférences arts et spiritualité sur le thème « Regards sur le temps, l’histoire et la mémoire: de l’éphémère à l’éternité »

septembre 30th, 2017 § Commentaires fermés sur Arts et Cloître vous propose son 12ème cycle de conférences arts et spiritualité sur le thème « Regards sur le temps, l’histoire et la mémoire: de l’éphémère à l’éternité » § permalink

Pour découvrir le programme il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous:

Vous pouvez également écouter l’interview de Laurence LEVARD, présidente d’Arts et Cloître, en cliquant sur le lien suivant:

https://soundcloud.com/diocese-alsace/itw-laurence-levard-pour-arts-et-cloitre